Refaire les joints d’une terrasse extérieure, c’est un travail tout à fait accessible en autonomie, à condition de choisir le bon produit et de respecter l’ordre des étapes. Le principe est simple : retirer ce qui est dégradé, préparer le support, appliquer le nouveau joint. Le résultat tient dans la durée si la mise en œuvre est soignée.
🔧 L’essentiel à retenir
Trois produits selon la surface
Mortier, sable polymère ou mastic polyuréthane, selon le type de dalle.
48h avant usage normal
La résistance maximale est atteinte après 7 jours de séchage complet.
80 à 120 € en DIY
Contre 500 à 800 € avec un artisan pour une terrasse de 20 m².
| Type de surface | Produit recommandé | Caractéristique principale |
|---|---|---|
| Carrelage extérieur | Mortier spécial extérieur | Solide, résistant aux intempéries |
| Pierre naturelle | Mortier ou sable polymère | Respecte la porosité du matériau |
| Dalles béton | Mastic polyuréthane | Souple, suit les mouvements thermiques |
| Pavés | Sable polymère | Perméable, limite les mauvaises herbes |
| Joints de dilatation | Mastic polyuréthane | Élasticité indispensable |
Quels signes indiquent qu’il est temps de refaire ses joints de terrasse ?
Un joint en bon état est lisse, continu et bien ancré entre les dalles. Quand il commence à poser problème, les signes sont visibles à l’œil nu.
Les situations qui justifient une intervention :
- Joints qui s’effritent au toucher ou se détachent par morceaux
- Fissures visibles qui s’élargissent progressivement
- Apparition de mousses, lichens ou mauvaises herbes entre les dalles
- Eau stagnante après la pluie ou taches noires persistantes en surface
Ne pas intervenir rapidement aggrave les dégâts. L’eau s’infiltre sous les dalles, fragilise le support, et les dalles finissent par bouger. Ce qui était une réparation simple devient un chantier plus lourd.
Peut-on refaire ses joints sans enlever l’ancien ?
C’est la question que beaucoup se posent pour gagner du temps. La réponse dépend directement de l’état du joint existant.
Si l’ancien joint est encore cohérent, bien accroché et sans fissure, un sur-joint est techniquement possible. Mais il reste moins durable qu’une réfection complète, car le nouveau produit adhère sur l’ancien et non sur le support.
Si le joint s’effrite, se décolle ou présente des fissures ouvertes, le retrait est obligatoire. Appliquer un nouveau produit par-dessus ne servirait à rien : il se décollerait avec l’ancien au prochain gel ou au premier choc thermique.
Dans le doute, mieux vaut retirer. C’est l’étape qui garantit une bonne adhérence et une durée de vie maximale.
Quel produit choisir selon le type de terrasse ?
Trois familles de produits couvrent la quasi-totalité des situations. Le choix se fait selon la nature de la surface et son exposition aux mouvements thermiques.
Le mortier de jointoiement
Le mortier de jointoiement extérieur convient aux dalles stables soumises à un fort passage : carrelage, pierre reconstituée, terrasses exposées aux intempéries. Il est solide, esthétique sur pierre et économique à l’achat.
Son point faible : la rigidité. Sur une surface soumise aux mouvements thermiques, il peut se fissurer au gel si le dosage n’est pas respecté. Il faut impérativement utiliser un mortier formulé pour l’usage extérieur, pas un mortier de carrelage standard prévu pour les pièces intérieures.
Le sable polymère
Le sable polymère est la solution adaptée aux pavés et à la pierre naturelle. Il contient un liant activé par l’eau, ce qui le rend résistant à l’érosion tout en restant perméable. Résultat : l’eau s’écoule naturellement et les mauvaises herbes ne trouvent plus de prise.
L’application est simple : balayage à sec dans les joints ouverts, puis humidification à l’arrosoir pour activer le polymère. Pas de malaxage, pas de dosage complexe.
Le mastic polyuréthane
Le mastic polyuréthane est la référence pour les dalles béton, les grandes surfaces et tous les joints de dilatation. Sa souplesse lui permet de suivre les dilatations et contractions du support sans se fissurer. Sa durée de vie atteint 10 à 15 ans selon l’exposition.
Deux produits couramment utilisés : le Watco (18 à 22 € la cartouche de 310 ml, disponible en gris, noir et sable) et le Sika SikaSeal-107 (20 à 25 €). Une cartouche couvre environ 3 à 5 mètres linéaires selon la largeur du joint. Avant application, un primaire d’accroche (type Sika Primer, environ 15 € le flacon 250 ml) améliore significativement l’adhérence sur supports poreux.
Quel matériel prévoir avant de commencer ?
Avoir le bon outillage dès le départ évite les allers-retours et les mauvaises surprises en cours de chantier.
Pour le retrait des anciens joints, trois niveaux selon la dureté :
- Grattoir manuel : suffisant pour les joints friables ou peu résistants
- Burin et marteau : pour les joints encore solides par endroits
- Meuleuse avec disque diamant 125 mm : indispensable pour les joints très durs ou trop étroits (moins de 8 mm), disponible à la location pour 50 à 150 €
Après retrait, l’aspiration des résidus est une étape non négociable. Un aspirateur d’atelier est le seul outil qui garantit un support vraiment propre. Un compresseur d’air complète le travail en profondeur si disponible.
Pour l’application, le matériel varie selon le produit choisi :
- Mortier : truelle, taloche éponge, seau, malaxeur (au-delà de 15 kg)
- Polyuréthane : pistolet à mastic, spatule de lissage humidifiée
Prévoir aussi lunettes, gants et genouillères, soit environ 15 à 25 € de protection individuelle.
Comment refaire les joints d’une terrasse extérieure, étape par étape ?

Le travail se déroule en quatre étapes. L’ordre est important : chaque phase conditionne la qualité de la suivante.
Étape 1 : retirer les anciens joints
Commencer par choisir l’outil adapté à la dureté du joint. Progresser du grattoir vers la meuleuse si nécessaire, sans forcer inutilement sur les bords des dalles pour ne pas les ébrécher. À la disqueuse, ne jamais dépasser 2 à 3 cm de profondeur.
Une fois les joints vidés mécaniquement, brosser énergiquement à la brosse métallique pour éliminer les résidus incrustés. Aspirer ensuite l’intégralité de la poussière. C’est cette propreté du fond de joint qui conditionne l’adhérence du nouveau produit.
Étape 2 : préparer le support
Vérifier la largeur des joints : le minimum recommandé est 10 mm pour une bonne prise du produit. Si les joints sont plus étroits, les élargir à la disqueuse avant toute application.
Contrôler également la stabilité des dalles. Une dalle qui bouge signale un problème de fond (support affaissé, colle décollée) à régler avant de jointoyer, sinon le nouveau joint fissurera à nouveau rapidement.
Les conditions météo idéales se situent entre 5 °C et 25 °C, par temps sec, sans pluie prévue dans les 24 heures. Éviter le plein soleil, qui accélère le séchage de surface et nuit à la qualité finale.
Étape 3 : appliquer le nouveau joint
La technique varie selon le produit. Pour le mortier, mélanger jusqu’à obtenir une pâte lisse et homogène, travailler par sections de 5 m² maximum pour éviter que le produit ne prenne avant la finition, et presser fermement pour remplir toute la hauteur du joint sans laisser de vide.
Pour le sable polymère, balayer à sec dans les joints ouverts en s’assurant que le remplissage est complet en hauteur, puis humidifier à l’arrosoir pour activer le liant.
Pour le mastic polyuréthane, couper l’embout de la cartouche à 45°, positionner au fond du joint et avancer en mouvement régulier avec une pression continue sur la gâchette. Un déplacement trop rapide laisse des creux, un déplacement trop lent provoque des débordements. L’objectif est un cordon continu, régulier, sans interruption.
Étape 4 : lisser, nettoyer et laisser sécher
Pour le mortier, lisser à la taloche éponge humide dès que la surface commence à « tirer », en mouvements circulaires. Rincer l’éponge régulièrement pour ne pas voiler les dalles, surtout sur pierre naturelle ou terre cuite où les traces de ciment s’incrustent vite.
Pour le polyuréthane, le lissage doit intervenir dans les 5 minutes maximum après application, avec une spatule humide en un seul passage. Les bavures se retirent immédiatement avec un chiffon humide. Passé ce délai, le produit commence à polymériser et ne se lisse plus proprement.
Les délais de séchage à respecter :
- 6 à 12 heures : séchage de surface
- 24 à 48 heures : usage normal possible
- 7 jours : résistance maximale atteinte (polymérisation complète)
Protéger la zone des pluies pendant les 12 premières heures. Sur terrasse en pierre naturelle, appliquer un traitement hydrofuge après séchage complet pour limiter les infiltrations futures.
Quel budget prévoir pour refaire les joints de sa terrasse ?
Pour une terrasse d’environ 20 m², voici les postes de dépense à anticiper :
| Poste | Coût estimé |
|---|---|
| Mortier de jointoiement extérieur | 10 à 30 € le sac |
| Mastic polyuréthane | 12 à 25 € la cartouche |
| Primaire d’accroche (Sika Primer) | environ 15 € le flacon 250 ml |
| Outillage et protection individuelle | 25 à 50 € |
| Total DIY pour 20 m² | 80 à 120 € |
| Intervention d’un artisan pour 20 m² | 500 à 800 € |
Prévoir systématiquement une cartouche supplémentaire de mastic pour les reprises et les finitions en angle. Sur ce type de chantier, les joints de périmètre et les angles rentrants consomment plus de produit qu’on ne l’anticipe. C’est un détail qui évite un arrêt de chantier pour un achat complémentaire.


