Quand on engage des travaux d’électricité et de plomberie dans une maison, la première difficulté n’est pas technique : c’est de savoir par où commencer, qui fait quoi, et comment éviter les mauvaises surprises. Ce guide répond à ces questions dans l’ordre où elles se posent réellement, de la définition des périmètres jusqu’au budget à prévoir.
🔧 Ce qu’il faut retenir
Ordre des travaux
Les deux corps de métier interviennent après le gros œuvre, avant les finitions.
Interlocuteur unique possible
Des entreprises multi-compétentes peuvent gérer les deux prestations légalement.
Aides financières accessibles
MaPrimeRénov’, CEE et TVA réduite s’appliquent sous conditions à ces travaux.
Électricité et plomberie : deux métiers distincts ?
Non, ce ne sont pas la même chose, et la confusion peut coûter cher si elle conduit à confier une prestation à quelqu’un qui n’a pas les bonnes certifications. La plomberie gère les réseaux de fluides : eau froide, eau chaude, eaux usées, et parfois le gaz. L’électricité gère les réseaux de courant : tableau, circuits, prises, éclairage, ventilation. Les deux métiers ont des formations, des normes et des responsabilités distinctes.
Ce qui les rapproche, c’est le moment où ils interviennent sur un chantier. Dans la grande majorité des rénovations, électriciens et plombiers travaillent côte à côte, parfois dans les mêmes cloisons. C’est précisément là que la coordination devient un enjeu concret.
Quels travaux recouvre l’électricité dans une maison ?
Le périmètre des travaux électriques dépasse largement la simple pose de prises. Que ce soit en construction neuve ou en rénovation électrique, voici ce que recouvre concrètement cette intervention.
Les installations courantes en rénovation et en neuf

L’intervention de l’électricien couvre l’ensemble du réseau basse tension d’un logement. Les prestations les plus courantes sont les suivantes :
- Tableau électrique : installation ou remplacement selon la norme NF C 15-100, qui fixe les exigences minimales pour les logements
- Création de circuits : cuisine, salle de bain, prises de courant, éclairage, chaque usage a ses propres contraintes
- Prises et interrupteurs : standards, étanches, USB, variateurs, commandes à distance
- Éclairage LED : spots encastrés, luminaires, éclairage indirect
- VMC : ventilation mécanique contrôlée simple flux ou double flux, souvent oubliée dans les devis alors qu’elle est obligatoire dans les logements neufs
- Détecteurs de fumée DAAF : leur installation est obligatoire dans tous les logements
- Domotique : volets roulants, chauffage connecté, prises intelligentes, portail automatique
Un électricien intervient aussi bien pour une mise aux normes partielle (remplacement d’un tableau vétuste) que pour une refonte totale des circuits dans le cadre d’une rénovation complète.
La validation obligatoire par le Consuel
Pour toute installation électrique neuve ou toute rénovation significative, un passage par le Consuel est obligatoire avant la mise en service. Cet organisme vérifie la conformité de l’installation à la norme NF C 15-100 et délivre une attestation sans laquelle le fournisseur d’énergie ne peut pas raccorder le compteur. En pratique, c’est l’électricien qui prépare le dossier et accompagne cette démarche. Le coût du passage Consuel est généralement inclus dans le devis pour les installations neuves.
Quels travaux recouvre la plomberie dans une maison ?
Les travaux de plomberie couvrent tout ce qui touche à la circulation de l’eau dans un logement, des réseaux encastrés jusqu’aux équipements sanitaires en façade. Le périmètre est plus large qu’on ne le pense souvent.
Réseaux et équipements sanitaires
La rénovation plomberie ou l’installation sanitaire d’une maison comprend plusieurs niveaux d’intervention :
- Réseaux de distribution : eau froide sanitaire (EFS), eau chaude sanitaire (ECS) et eaux usées (EU), qu’ils soient encastrés dans les cloisons ou apparents
- Équipements sanitaires : pose de douche, baignoire, lavabo, WC, évier de cuisine
- Production d’eau chaude :
- Ballon d’eau chaude électrique classique
- Chauffe-eau thermodynamique, qui récupère les calories de l’air ambiant pour chauffer l’eau (consommation divisée par 3 environ par rapport à un ballon électrique classique)
Le choix entre tuyauterie encastrée et tuyauterie apparente n’est pas uniquement esthétique. Une tuyauterie encastrée offre un meilleur rendu visuel mais complique les interventions futures en cas de fuite. La plomberie apparente, moins coûteuse à poser, reste plus accessible pour la maintenance.
Chauffage et gaz : des compétences rattachées à la plomberie
Le chauffage relève du plombier-chauffagiste. Cela couvre l’installation d’une chaudière gaz à condensation, d’une pompe à chaleur air/eau, ou d’un plancher chauffant hydraulique. Ces équipements s’intègrent dans le circuit de plomberie du logement, d’où ce rattachement naturel au même corps de métier.
Les travaux sur les réseaux de gaz font l’objet d’une réglementation stricte. Seul un professionnel certifié Qualigaz (ou RGE pour les équipements éligibles aux aides) est habilité à intervenir sur ces installations. Cette certification conditionne aussi l’accès aux aides de l’État : sans elle, impossible de bénéficier de MaPrimeRénov’ pour une chaudière à condensation ou une pompe à chaleur.
Dans quel ordre réaliser les travaux d’électricité et de plomberie ?
Les travaux de second œuvre, dont font partie l’électricité et la plomberie, interviennent toujours après le gros œuvre (structure, maçonnerie, charpente, toiture) et avant les finitions (carrelage, peinture, parquet, menuiseries intérieures). C’est dans cette fenêtre que les deux corps de métier entrent en jeu.
Sur un chantier de rénovation totale, électriciens et plombiers travaillent souvent en alternance plutôt qu’en simultané, selon les zones à traiter. Le point de friction le plus courant concerne les passages dans les cloisons et les plafonds : gaines électriques et tuyauteries se disputent le même espace. Sans coordination préalable, on se retrouve avec des cloisons à ouvrir une seconde fois, ce qui fait grimper la facture.
En rénovation partielle (remplacement d’un tableau, changement d’un ballon d’eau chaude), les deux corps de métier interviennent de façon indépendante, sans interaction directe. C’est dans les projets de rénovation lourde que la planification commune prend tout son sens.
Un seul artisan pour l’électricité et la plomberie, est-ce possible ?
Un électricien seul ne peut pas légalement signer un devis de plomberie s’il n’en a pas les qualifications déclarées, et inversement. En revanche, des entreprises tous corps d’état ou multi-compétentes peuvent légalement proposer les deux types de prestations sous un même contrat, à condition d’employer ou de sous-traiter à des techniciens certifiés pour chaque domaine.
Les avantages d’un prestataire unique sont réels :
- Un seul devis, un seul interlocuteur pour les questions et les imprévus
- Une coordination interne entre les équipes, ce qui réduit les conflits de passage dans les cloisons
- Moins de risques de désaccord entre corps de métier en cas de malfaçon à l’interface des deux réseaux
Avant de signer, quelques vérifications s’imposent. Demandez le détail des certifications par type de prestation (Qualifelec pour l’électricité, Qualibat ou Qualigaz pour la plomberie et le gaz), la garantie décennale active, et l’assurance RC professionnelle couvrant les deux activités. Un devis global sans détail par poste est un signal d’alerte.
Quel budget prévoir et quelles aides mobiliser ?
Les tarifs varient selon la région, la complexité de l’intervention et les qualifications de l’artisan. Pour vous repérer, voici les fourchettes généralement constatées en France :
| Corps de métier | Tarif horaire HT | Frais de déplacement |
|---|---|---|
| Électricien | 40 € à 80 € | 15 € à 50 € |
| Plombier | 45 € à 85 € | 15 € à 50 € |
Ces tarifs à l’heure ne donnent qu’un ordre de grandeur. Pour des travaux complets (refonte électrique d’une maison de 100 m², réfection complète de salle de bain), le budget se raisonne davantage en forfait par poste qu’en nombre d’heures.
Plusieurs dispositifs permettent de réduire la facture sur les travaux énergétiques. Les conditions d’accès sont communes à la plupart d’entre eux : l’artisan doit être certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).
- MaPrimeRénov’ : aide directe de l’État pour l’installation d’une pompe à chaleur, d’une chaudière à condensation ou d’un chauffe-eau thermodynamique
- CEE (Certificats d’Économies d’Énergie) : primes versées par les fournisseurs d’énergie pour des travaux améliorant la performance du logement
- TVA réduite : 5,5 % pour les travaux d’amélioration énergétique, 10 % pour les autres travaux de rénovation, applicable dans les logements achevés depuis plus de deux ans
- Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) : financement sans intérêts jusqu’à 50 000 €, cumulable avec MaPrimeRénov’
Un point souvent méconnu : pour les projets combinant électricité et travaux de chauffage, il est possible de déposer un seul dossier MaPrimeRénov’ couvrant plusieurs équipements, ce qui simplifie les démarches et optimise le montant des aides obtenues.


